Les cascadeurs, ceux qui se cachent derrière les stars

L’idée de m’intéresser aux cascadeurs m’est venue en regardant le dernier film de Quentin Tarantino « One upon a time in Hollywood », où Leonardo DiCaprio joue un acteur vedette des années 60 sur le déclin et Brad Pitt son cascadeur attitré. A part vous recommander chaleureusement le film (je suis une fan de l’univers tarantinesque), j’aimerais contribuer à mettre en lumière ce rôle si important dans le monde du cinéma, et remarquablement mis en valeur par Tarantino. C’est en effet le personnage de Brad Pitt (inspiré apparemment de Hal Needham (1931 – 2013), doublure attitrée de Burt Reynolds) qui, en restant dans l’ombre de Leo à l’écran, « assure le coup » pour reprendre une réplique du film et ce dans tous les sens du terme. Pour rendre l’action crédible, faciliter la vie de son employeur et même casser la gueule à des méchants dans la vraie vie. Le cascadeur fait cela : apporter le bon dosage entre spectaculaire (les fast and furiou) et réalisme (les Jason Bourne).

'Once Upon a Time in Hollywood' filming in Burbank
La doublure du « cascadeur »… Mise en abyme !

Petit historique

Au début des années 1900, les premiers cascadeurs étaient des artistes de cirque. A partir de 1910, le cinéma d’action commence à faire son apparition, surtout basé sur des films de type western, avec donc des cavaliers de haut vol. En 1912, Rodman Law, un parachutiste expérimenté, ouvra la voie du saut en parachute d’un point fixe, discipline aujourd’hui connue sous le nom de Base Jump. Il participa à plusieurs films en réalisant des cascades impressionnantes à New York: un saut en parachute depuis la Statue de la Liberté, un saut depuis le pont Brooklyn…

Dans les années 1920, Buster Keaton, Harold Lloyd et Charlie Chaplin font partie des cascadeurs les plus connus puisqu’ils mettent en avant leurs prouesses physiques dans les grands films du cinéma muet.

Les années 60-70 voient se développer des techniques de plus en plus complexes : comme l’air ram (planchette d’éjection), l’airbag (développé par les pompiers assistés), le décelérateur (un système de ralentissement d’une chute par le biais de cables, inventé par Dar Robinson), les impacts de balle (sfx)…

Puis apparaît une nouvelle discipline, les arts martiaux, avec des chorégraphies de combat et un nom qui restera gravé : Bruce Lee.

Notons qu’en France, on compte de nombreux films de cape et d’épée ayant eu recours a des cascadeurs, et une génération de films avec la touche Belmondo dans les années 80.

Pour en savoir plus : https://www.action-cascade.com/histoire-du-metier-de-cascadeur/

Comment devenir cascadeur ?

« Il n’existe pas de formation ni de diplôme pour devenir cascadeur. La formation “sur le tas” reste donc la plus courante. Néanmoins, un cascadeur peut avoir été formé dans une école du cirque, par exemple, et être titulaire d’un diplôme des métiers des arts du cirque : trapèze, acrobate, funambule…

Les formations en rapport direct avec la spécialité du cascadeur sont les plus recommandées : réparation auto, pilotage, techniques pyrotechniques, travail du bois et des métaux, équitation… Parmi les établissements privés spécialisés, citons :

  • Action Training Productions,
  • Les Cascadeurs associés,
  • Campus Univers Cascades
  • Hardi cascades…
  • Julienne cascadeurs

Enfin, même si sa vocation est de rester dans l’ombre d’un acteur connu, avoir suivi des cours d’art dramatique peut être également un bon atout pour devenir cascadeur.

 

En tant qu’intermittent, un cascadeur est payé au cachet. Ses revenus varient beaucoup en fonction de la prestation, du lieu de travail, de la durée… Entre 600 € et 700 € brut la journée de tournage sur un plateau de cinéma. »

Pour en savoir plus : https://www.cidj.com/metiers/cascadeur-cascadeuse

 

Les cameramen volants

Dans les scènes de cascade, l’action des cameramen est bien sûr primordiale. Et parfois dangereuse. C’est ainsi qu’un cameraman trouve la mort sur le tournage de Taxi 2 en 1999, et l’histoire judiciaire impliquant Remy Julienne en tant que coordinateur des cascades sur ce film, aura duré dix ans.

Il faut en effet pouvoir suivre les cascadeurs dans leurs actions et rendrent le tout le plus crédible possible en collant le spectateur au mouvement. Certains innovent en devenant eux-mêmes des sortes de cascadeurs.

Si vous pensez tout savoir sur les cascades du cinéma, voici quelque chose qui vous surprendra

Les grands films de cascadeurs

De nombreux films portent sur des personnages dont le métier est cascadeur. Dans cette longue liste, j’en retiens deux que j’ai vus et adorés : Boulevard de la Mort de Tarantino (encore lui) car il montre notamment Zoe Bell, cascadeuse d’Uma Thurman dans Kill Bill, dans un super rôle sur le devant de la scène ; et The Place beyond the pines avec le ténébreux Ryan Gosling.

Les acteurs cascadeurs

Je me permets un petit copié-collé de Topito :

1. Jean-Paul Belmondo : C’est la légende du genre. Jean-Paul Belmondo réalisait l’intégralité de ses cascades. Sur le tournage de l’Homme de Rio, il s’est ainsi retrouvé à passer d’un immeuble à l’autre sur un câble tendu au quatrième étage et sans filet ; le câble n’était pas assez tendu, et la séquence a duré 12 minutes. Belmondo se blessa à de nombreuses reprises durant ses cascades, se déchirant notamment la cuisse lors du tournage du Magnifique et se fracturant la main lors d’une course poursuite réalisée pour Peur sur la ville.

2. Steve McQueen : Sur le tournage de la Grande évasion, Steve McQueen a réalisé l’intégralité des cascades à moto de son personnage. Toutes, sauf la dernière, au cours de laquelle il doit sauter en moto au-dessus d’un grillage barbelé. Les assurances ont en effet catégoriquement refusé que l’acteur fasse lui-même cette opération spectaculaire, un saut de 20 mètres à 4 mètres de hauteur. Il a quand même réglé lui-même tous les détails de la cascade.

3. Tom Cruise : Tom Cruise a l’air dingo, et il l’est un peu. Pour le tournage de Rogue nation, scientologue-man (quand même 54 ans), a réellement couru sur l’aile d’un avion en train de décoller, à plus de 300 km/h, donc. Les fils qui le maintenaient (en vie, essentiellement), ont ensuite été effacés en post-prod.

4. Jason Statham : Dans Expendables 3, Statham la tatane a vécu une expérience de cascade dans la vraie vie. Il devait conduire un camion pour une scène et les freins dudit camion ont lâché. Il s’est donc retrouvé à basculer dans la mer noire au volant du camion, avant de réussir à s’en échapper par la fenêtre, dans l’eau. Et ils ont dû refaire la séquence. Avec un nouveau camion.

5. Jackie Chan : Spécialiste en arts martiaux, Jackie Chan exécute l’intégralité de ses cascades lui-même et en prépare également lui-même la scénographie. Ce qui fait que plus aucune compagnie d’assurance n’accepte de couvrir ses films. Jackie Chan détient le record du plus grand nombre de cascades réalisées par un acteur encore en vie. Le genre de passion qui amène à se fracasser le crâne en descendant d’un arbre, comme sur le tournage de Mister Dynamite, ou de se faire surnommer « l’homme aux mille fractures ».

6. Harrison Ford : Jusque récemment, Harrison Ford était réputé pour effectuer lui-même la plupart de ses cascades, à l’image de celle où Indiana Jones est tiré par un camion dans Les aventuriers de l’arche perdue, une scène qui vaudra à l’acteur une bonne grosse blessure. De même sur Air force one, où c’est lui-même qui distribue les gnons aux méchants. De toute façon, Harrison Ford est tellement cool qu’il possède un hélicoptère et procède lui-même aux missions de secourisme dans les montagnes californiennes quand un randonneur se perd.

7. Daniel Craig : Depuis qu’il incarne James Bond, Craig insiste pour réaliser l’intégralité de ses cascades lui-même. Le mec, viril, le justifie comme ça : « Dans un James Bond, on fait les choses en vrai, et on ne les fait pas à moitié ». Genre de phrase qui ne veut rien dire. Mais c’est donc bien lui qui se bat, y compris en haut du train, dans Skyfall.

8. Jennifer Lawrence : Pour le tournage des Hunger Games, Jennifer Lawrence a effectué la plupart des cascades elles-mêmes, grimpant elle-même aux arbres et envoyant elle-même ses flèches.

La cascade est finalement un art envié. Les acteurs estiment parfois que jouer leur rôle à 100 % implique de réaliser eux-mêmes les cascades de leurs personnages, la crédibilité des scènes d’action repose en premier lieu sur les cascadeurs, qui apportent ce supplément de magie qui rend nos héros de cinéma si impressionnants. Il n’y a pas encore d’oscar spécifique mais leur travail est tellement lié à la technicité du tournage que leur récompense se trouve déjà dans un prix de la mise en scène. Et puis Tarantino est là pour leur rendre hommage !

Et puis pour vous détendre :

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